Message du Professeur Zolmirel

Bonjour à tous et belle année, je suis sincèrement ravi de vous retrouver.

Nombre de choses bienvenues avaient éclot sur mon monde en ces temps. L’aide incommensurable des êtres de lumière et de nos amis de la délégation denakh avait permis de résoudre bien des écueils.

La végétation près des zones de radiance extrême de mon monde avait acquis une étrange consistance lumineuse. Grâce à cela, les arbres et les buissons anticipaient les mouvements du sol, comme les crues. La plupart d’entre eux purent alors se déplacer aisément vers des zones plus stables. C’était un spectacle étrange que de voir au début et à la fin de la saison humide, des déplacements d’arbres, qui migraient lentement par petits groupes, pour s’établir dans les plaines.

Tout ceci vous semble certainement improbable, mais il est nombre de planètes où la vie végétale a pu muter en cette direction. Elle forme un pont parfait entre la vie animale et végétale. Ces groupements d’arbres sont absolument inoffensifs, les plus sages d’entre les nôtres peuvent communier avec eux. Cela permet aux prescients de les aider à trouver des zones fertiles.

Ce jour là, j’étais absorbé par la beauté de ces formes de vie végétales, éthériques, et je demeurais figé devant mon écran un long moment pour admirer leurs mouvements. Cela était retranscrit par d’éminents scientifiques. En tant que botaniste, j’aurais été ravi de pouvoir me rendre en cette région. Mais j’avais été affecté à une autre tâche, précisément une mission d’entraide.

  • Où nous rendons-nous ? demandais-je à mon ami, le sage Amoni.
  • Il nous faut gagner la région des confins. Sur un astéroïde, Hemongra, se tient une colonie d’aliens de nuit. Les villes champignons ont été endommagées par des secousses sismiques dues à un impact mineur. Il a fallu évacuer une partie de la population. En attendant, ils doivent être relogés en des vaisseaux confortables, le temps des travaux. Nous devons leur apporter des vivres, des matériaux, et beaucoup de remèdes. Erazel nous attend.

J’acquiesçai et fis nos bagages. Minel apporta ce qui restait de notre repas précédent qu’elle avait emballé dans des bocaux à réfrigérer. Au bout d’à peine une demi-heure, nous étions prêts à partir. Limmel était blême. Chacun de nous lui murmura des paroles d’encouragement.

Les missions d’entraide étaient un devoir et un honneur, chacun de nous devait accourir. En cas d’urgence, notre action était nécessaire, même si nous ne faisions pas partie des équipes de sauvetage.

Nous avons prévenu nos voisins et amis de notre départ et sommes sortis de notre demeure, un peu déstabilisés. Amoni nous avait exposé avec tact, qu’il restait des blessés à dégager. Chacun de nous tentait de demeurer bien droit face à nos nouvelles péripéties.

À peine avions-nous idée de rejoindre Erazel, qu’une porte s’ouvrit devant nous. Nous l’avons franchie avec nos effets, un peu déconfits.

Elle donnait précisément sur le grand centre de transbordement, situé dans l’espace.

Un superbe croiseur tout cuivré attendait, Erazel se tenait fièrement devant l’une des innombrables entrées, en compagnie des pilotes et des capitaines qui dirigeaient les opérations.

J’étais émerveillé, le vaisseau devait faire environ 600 mètres de long. On chargeait à bord les dernières marchandises.

Erazel nous accueillit avec sa bonté habituelle, nous étreignant à tour de rôle. Elle murmura un mot aimable à Limmel, qui tenait à moitié sur ses jambes.

  • Tout ira bien, mon enfant, tu es avec nous, et tu ne crains rien.
  • J’ai bien peur de n’être d’aucun secours aux rescapés, soupira-t-elle.
  • Bien sûr que si, assura Erazel. Chacun a un rôle important à jouer.

Nous nous sommes rendus en salle de décollage, en un petit salon, avec des fauteuils inclinés. Puis, Amoni nous servit un breuvage. Je tâchais de me détendre, ce n’était pas la première fois. Le nombre de rectangles visible sur l’écran au dessus de la porte, ne cessait de diminuer. Nous allions partir dans l’espace, une fois de plus. Cette fois-ci, ce serait différent. Bien que nous n’en manquions pas, nous allions apprendre une différente forme de courage, de don de soi.

Je me mis à prier intensément pour que tous les rescapés aient pu être extraits des décombres sans trop de blessures. Je les visualisais heureux de se revoir et en bonne santé. À peine une milliseconde plus tard, le signal du départ retentit. On apprêta les réacteurs, loin en contrebas. Un grondement formidable retentit dans toute la structure, puis, le navire lourdement chargé vibra de toutes parts.

Mon esprit jaillit aussitôt hors de mon corps, et j’assistais en direct au spectacle. On avait reculé les différentes tourelles d’amarrage. Le géant était illuminé par les réacteurs tout dorés qui crachaient des torrents de photons. Quatre frégates étaient positionnées juste devant la proue du navire pour l’aider à passer les portes du grand hangar stellaire.

Une fois cette étape délicate franchie, elles s’écartèrent pour lui permettre de prendre de la vitesse.

Celle-ci devint considérable. Je ressentis un intense écrasement, puis plus rien.

Lorsque je m’éveillais, il régnait une vive activité. Pour une fois, c’était Amoni qui avait été affecté par le décollage. Deux soigneurs inconnus sondaient son corps. Ils nous informèrent que son bras comportait juste un épanchement et qu’il se réveillerait bientôt. Minel les remercia, lui appliquant un cicatrisant à l’odeur agréable. Chacun de nous respira un peu mieux.

  • Tout ira bien exposa Erazel. Cela va guérir très vite. Nous arriverons en soirée, fit-elle à mon attention. Zilmis est déjà sur place. Il est avec les équipes de soutènement. Leur action a permis de sauver un grand nombre de champs autour des plantations.

Je souris, un peu rassuré de cette perspective. Les champs étaient vitaux, en cas de fracturation des édifices. Ils permettaient d’empêcher des dégazages des plus dangereux sur les astéroïdes non suffisamment pourvus en atmosphère. La cité des aliens de nuit devait tenir, jusqu’au moment où tous les rescapés auraient été extraits des décombres.

Pour nous changer les idées, Erazel nous mena à l’intérieur du navire, où se trouvaient de vastes appartements douillets. Plusieurs salles nous avaient été allouées. Nous avons déballé nos effets rapidement, puis nous sommes dirigés vers un autre niveau, laissant Amoni se reposer.

Dans l’autre aile du vaisseau, une zone colorée et magnifiquement pourvue en plantes superbes était destinée aux rescapés. Il restait du travail, comme de préparer les lits, de garnir ces lieux de vie de provisions, de remèdes, de boissons et de jeux, de livres pour les enfants. Tout se trouvait emballé dans des caisses, et il ne nous restait plus qu’à tout installer. L’antigravité rendait ces tâches rapides et amusantes.

  • Les rescapés seront d’abord amenés ici, expliqua Erazel. Ils sont en état de choc, certains ont perdu des proches, et énormément de souvenirs. Il seront d’abord soignés, puis auront droit à une période de repos.
  • Allez-vous réussir à tous les extirper du puits ? demanda Limmel.
  • Oui, les meilleurs experts ont été envoyés, pour les dégager en douceur, et agir sur leurs épanchements, expliqua Erazel.

Notre activité dura un long moment, jusqu’en soirée, où retentit le signal de la rétrocession. Il nous avait été recommandé de ne pas manger, seulement boire. Mais nul de mes compagnons n’en éprouvait le désir en pareil instant.

Nous sommes tous entrés en léthargie, comme lors du décollage. Chacun éprouva un mal être mineur, et se leva deux heures plus tard.

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Texte partagé par Les Chroniques d'Arcturius
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