Message d’Ulphéniel

– Je parle au nom de tous vos amis de Vénus, ceux que vous avez oubliés et ceux qui se tiennent tout près de vous à tout instant.

Votre Terre change, ses courants vibratoires sont de plus en plus intenses pour votre espèce. Nous sommes heureux, nous êtres du Royaume subtil, par rapport au vôtre, de pouvoir continuer cette communion. Vos corps reçoivent de plus en plus d’influx métaphysiques qui les poussent dans la bonne direction.

Je le vois subitement, il est allègre et d’une beauté incroyable. Il se tient tout près d’un champ de plantes céréalières en parfaite santé. Ses cheveux volent sous une douce brise. J’ai du mal à croire ce que je vois tant tout me semble d’une telle beauté, des serres aux arrosoirs, ainsi qu’au mariage de couleurs subtil entre chaque plante. La plupart rayonnent d’une douce lueur vert émeraude, de jaune pâle, parfois de vert bleuté. On se sent tellement bien en ce lieu.

J’aperçois une ferme aux décors raffinés, qui fait presque penser à un château de province. Les murs sont blancs, la forme arrondie, avec des colonnes et de la végétation artistiquement entrelacée. Des enfants courent dans le jardin. Les adultes sont à l’intérieur en train de dresser une table assez grande. Ils prévoient de festoyer et reçoivent des parents et amis parfois lointains.

Ils attendent de la famille qui habite d’autres planètes de ce système, explique Ulphéniel. La plupart des satellites des planètes et des astéroïdes comportent des bases ou des habitations, la plupart du temps souterraines.

La scène change subitement, et je me retrouve en sa compagnie en une sorte de vaste grotte avec un mur très lisse qui fait un peu penser à un écran.

On voit une scèe lointaine. Des myriades de vaisseaux bondissent joyeusement vers l’espace, puis, juste derrière, des longs courriers, qui semblent faits d’une matière lumineuse, vivante, parcourue d’éclats dorés, rosés et parfois blancs éclatants.

– Ces navires font comme une maison volante, explique Ulphéniel. Les voyageurs du ciel se sentent parfaitement bien à l’intérieur. Il est une sensation très douillette qui les enveloppe, cela fait comme un lieu familier incroyablement confortable. Il en est de même pour la surface des planètes. Les bases qui y sont construites comprennent tout le confort, avec une zone environnementale étendue, pour que chacun s’y sente bien.

Les images se succèdent, on voit des bases dans le sous sol de Mars, sur des astéroïdes, comme Cérès, et même Pluton. Ce sont des formes agréables de dômes, avec de beaux vitrages. La plupart de ces constructions sont aisément rétractables, ou déplaçables, si le besoin s’en fait sentir.

– Il est très important qu’il en soit ainsi, expose Ulphéniel, parfois, les vents stellaires sont redoutables.

Il s’approche d’une porte, apparue là subitement, et l’ouvre. Nous sortons d’un petit pavillon de bois artistiquement sculpté et revenons vers la belle demeure. Une odeur incroyable monte des cuisines. La table est mise, et l’on ressent une impression de fraîcheur incroyable. Les enfants aident à apporter les mets, les ustensiles. Chacun sourit à son voisin. Deux vaisseaux splendides blancs et bleus apparaissent, se posant en un doux sifflement. Ce sont les lointains parent tant attendus. Les enfants se précipitent pour leur faire bon accueil. Il se dégage une telle joie de tous ces êtres que je me sens incroyablement heureuse.

– Nous sommes comblés de pouvoir continuer cette communion avec la planète Terre, expose un homme avenant. Je suis cultivateur, et j’éprouve la plus grande admiration pour les vôtres, ceux qui pratiquent une agriculture plus vertueuse, qui vont se dresser face à un système économique des plus contraignants pour défendre ce qui est juste, comme le bien être animal, l’emploi de traitements naturels, d’insectes et de semences auto-reproduites plus digestes, plutôt que celles dénaturées en laboratoire.

Le repas se déroule dans une ambiance merveilleusement allègre. Les Vénusiens pour la plupart consomment des boissons sirupeuses, ou des aliments très liquides, même les enfants. Ils n’ont pas besoin de s’alimenter autant que nous. Il existe trois petits Vénusiens et un alien fort jeune aux yeux bleu ciel. Autrement, la table comporte une vingtaine d’adultes, aux cheveux blonds, roux, plus rarement bruns ou noirs. Tous ont une intense lumière dans le regard. Leur énergie est grisante. Avec eux, on sent que tout ce qui retient encore la planète Terre dans son envol peut être aisément franchi, tout semble possible.

La brise délicate se poursuit, de telle sorte qu’il ne fait pas trop chaud. La senteur florale de l’air est si pure que l’on se sent entièrement régénérés.

Après le repas, nous nous levons en compagnie du cultivateur avenant. Il nous montre les étangs qui entourent la maison, avec des cultures d’algues à leur surface. L’endroit fourmille de vie. Oiseaux, amphibiens et petits lézards s’y sentent bien à l’aise. Il existe de même de nombreux poissons qui s’approchent de la surface avec curiosité pour mieux nous observer. Les animaux ne ressentent nulle crainte, car les habitants sont strictement végétariens.

– Votre monde est en train de changer reprend notre nouvel ami, dont le prénom ressemble un peu à Clarence. Il ne viendrait qu’à peu de personnes l’idée de manger des animaux s’il était nécessaire de les abattre, puis d’apprêter la viande ou le poisson eux-mêmes. Il existe une très grande prise de conscience sur votre plan, concernant la Terre et ses ressources. Les habitants de votre monde comprennent peu à peu qu’ils font partie d’un ensemble immense en forme de cercle.

Nous entrons en un bien fastueux hangar dont les toitures sont décorées de frises en bois.

– Voici la machine, explique Clarence en désignant un engin agricole de 4 à 5 mètres de haut, d’une voix surexcitée. Elle fait à peu près tout, aérer le sol, amender les champs, arroser et semer, ainsi que récolter.

– Comment faites-vous pour que les insectes et les champignons n’endommagent pas les cultures ? lui demandais-je.

  • Cela n’est pas nécessaire. Les plantes sont fortifiées dès la naissance, elles repoussent elles- mêmes les champignons et les maladies. Quant aux insectes, ce n’est plus un problème depuis longtemps. Notre planète est passée au niveau vibratoire suivant. Les pères de nos pères et les mères de nos mères avaient découvert voici bien longtemps, qu’à chaque insecte, il existait une forme de vie prédatrice. Il se sont efforcés de recréer ce cercle vertueux en leurs cultures, de respecter toutes les formes de vie, et d’élever de nouvelles semences avec amour. Grâce à eux, notre monde a pu s’élever vers le niveau vibratoire suivant. La volonté créatrice, les intentions que vous mettez pour accomplir quelque chose passent dans les plantes. Il est donc très important d’être les plus joyeux possible ! assure-t-il en riant. Ensuite, notre monde rayonne la bonne énergie au niveau du sous-sol pour aider les cultures à croître.

Cela vous dirait-il de faire un petit tour ? propose Clarence.

Nous acceptons avec joie et escaladons une échelle. Je découvre avec stupeur, un intérieur douillet pourvu de fauteuils moelleux. Cela fait presque penser à un croiseur orbital, mais ici, il existe en plus des écrans sur les côtés.

Clarence entre dans un état de détente absolu, et l’engin émet des sons clairs agréables.

– Qu’allons-nous faire ? demande Ulphéniel.

– Il nous faut aller arroser la portion du champ plus éloignée de la rivière, expose-t-il.

L’engin s’élève en douceur avec une merveilleuse fluidité. On entend un sifflement à peine audible. Il sort du hangar et s’envole dans l’air chargé de senteurs. Puis, il plane à environ 20 mètres de hauteur, et arrose les plantations en des gouttelettes très fines. Une petite brise entre dans l’engin par l’une des fenêtres ouvertes. Une agréable odeur monte, comme celle de la végétation fraîchement arrosée par la pluie.

  • Cet engin est tellement merveilleux, que les ingénieurs ont conçu un système déflecteur pour protéger les petits animaux volants. Ils sont repoussés légèrement. À cette dimension vit une quantité d’insectes modérée. Nous les laissons manger les cultures, car ils causent fort peu de dégâts. Ils sont très différents des animaux envahissants qui siègent en la dimension inférieure.
  • Nous volons ainsi depuis pas mal de temps, et je m’étonne expose Ulphéniel. Les réserves d’eau de ce bâtiment sont-elles infinies ? demande-t-il en riant.
  • La machine est reliée à une source d’eau très pure.
  • Je ne vois nul tuyau, répond Ulphéniel.
  • Oh c’est très simple, c’est qu’il n’y en pas pas besoin, dit-il en riant. Un tuyau serait compliqué à déployer, cela ne garantit pas un arrosage homogène. Avec les mouvement de l’engin, cela pourrait endommager les plantations. Les ingénieurs arrivent à relier un point A à un point B sans tuyau de nos jours. Cela est possible pour l’eau, les matières non dangereuses. Les pompes envoient le liquide directement dans la citerne du vaisseau. Et lorsque j’abaisse cette commande, cela s’interrompt.

Il nous montre un engin voisin qui agit dans un autre champ. On voit une sorte de moissonneuse flottante, qui cueille des légumes mûrs à point. L’engin est surmonté d’une grande cuve, avec des piles de légumes de plus de trois mètres de haut. Le contenu en disparaît mystérieusement à intervalles réguliers.

  • Voici là une invention qui évite bien des manipulations ! s’extasie Ulphéniel.
  • Oui, c’est très agréable à utiliser. Il faut à peine quelques heures pour récolter plusieurs champs. Le temps qui nous est imparti, nous pouvons le consacrer à bien d’autres activités, comme nous amuser avec nos enfants. Il est important de profiter de son entourage, et de se détendre. C’est pourquoi les cultivateurs et les éleveurs de la Terre forcent notre admiration. Ils sont tellement travailleurs ! Votre monde est un exemple de courage, de mérite, pour bien d’autres. Nous nous y intéressons beaucoup, car vous nous permettez de nous relier à nos ancêtres. Eux aussi ont dû déployer un courage bien grand.

Nous revenons ensuite vers le grand hangar. Le fermier descend, et là, deux enfants l’étreignent. Ensemble, ils purgent le système d’arrosage, et ouvrent la cuve pour qu’elle sèche.

Nous revenons vers la maison, où j’ai le privilège d’entrer. L’intérieur est blanc, comme peint à la chaux, avec des dessins, des frises colorées sur les murs. On a suspendu de beaux éclairages chaleureux sous les poutres. Les adultes jouent à des jeux de construction avec les plus jeunes. L’ambiance est très allègre. D’autres Vénusiens sont assis et discutent en jouant de la musique. Certains font d’autres jeux de société ou apportent des boissons. La pièce comprend un grand nombre de sièges et de sofas moelleux. Il existe une vaisselle magnifique, avec des peintures exceptionnelles.

Clarence nous fait entrer en un atelier, pour nous montrer son autre passion, qui est la poterie. Il nous présente des séries de pots de fleurs vernissés, des pièces qui ressemblent à du grès émaillé, des vases délicats et de la vaisselle. Tout est d’un raffinement extrême. Beaucoup de soucoupes et de tasses sont décorés avec des portraits d’enfants. Chose amusante, Clarence a aussi représenté des familles d’aliens et de lézards.

  • Ce sont nos amis dit-il. Ils ont tous une place dans nos cœurs. Vénus accueille une importante délégation d’aliens en cours d’éclairement. Ils veulent en finir avec leurs civilisations minières ou celles fondées sur le régime des castes. En venant chez nous, nous leur montrons qu’une société harmonieuse est possible.

Il montre une photo extraordinaire. On y voit une ville de Vénus. Des petits immeubles clairs garnis d’échoppes sont visibles, avec des plantes vertes tout autour, ainsi que sur les balcons. Les habitants déambulent gaiement. Au milieu des plus grandes rues, un espace est délimité, pour permettre la circulation de petits transports qui flottent au dessus du sol.

  • Les nôtres ont compris que l’élément végétal est très important dans les villes. Il permet que tous se sentent bien, en harmonie. Il donne aussi beaucoup de fraîcheur et permet de régénérer l’atmosphère. Cela apaise aussi beaucoup les esprits, garantissant une communication plus fluide entre les êtres.

Nous revenons vers le séjour. Ce message a été intense, encore une fois. Je remercie et salue tous les Vénusiens. Ils font de grands signes amicaux de la main.

La scène s’éloigne lentement, je vers quelques larmes de joie, car ils sont tous très attachants.

Nous nous reverrons très bientôt, assure Ulphéniel. Merci beaucoup à tous ceux qui liront ce message. Nous sommes ravis que vous ayez de l’intérêt pour notre monde !

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Texte partagé par Les Chroniques d'Arcturius
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