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Il existe une illusion tenace, presque attendrissante, qui rôde autour des mots quintessence, Pierre, Grand Œuvre. Une illusion qui brille comme un métal trop poli : l’idée qu’au terme d’une opération réussie, l’être deviendrait autre chose qu’humain, un “sur-être”, un “maître ascensionné”, une espèce de demi-dieu en robe blanche, distribuant des bénédictions et des clins d’œil cosmiques à la cantonade.
Soyons honnêtes… c’est un fantasme d’orgueil, et l’orgueil a l’imagination fertile. Il adore les titres, les costumes, les trônes invisibles. Il se fabrique des auréoles en papier doré, et s’applaudit devant le miroir.
C’est même assez drôle, quand on y pense : l’ego réussit parfois à transformer la quête de Lumière en concours de prestige spirituel. Une vitrine spirituelle avec néons. Un CV d’éternité. Et si l’on n’y prend garde, on se surprend à chercher des preuves, des signes, des pouvoirs… comme si le Ciel devait nous signer un certificat d’exception que l’on souhaite encadrer et l’exposer à la vue de tous.
Mais la Voie de l’Adepte commence précisément là où ces histoires finissent.
Car réaliser une quintessence, réaliser la Pierre, réaliser une œuvre… n’est pas la fin du chemin. C’est le seuil. Un commencement. Un premier retournement.
Un peu comme si l’on avait, un instant, entrouvert une porte dans un mur qu’on croyait définitif. La porte s’ouvre… et l’on découvre non pas une salle des trésors, mais un corridor très long, très simple, très exigeant.
On comprend alors ceci : le véritable Grand Œuvre n’est pas celui qu’on tient dans un coffret à bijoux. C’est celui qui commence à vous tenir, doucement, de l’intérieur.
La Pierre ne fait pas de vous un “plus”
La Pierre philosophale, lorsqu’elle est réellement approchée, et j’entends ici “approchée” au sens profond, pas au sens des récits qui gonflent les prouesses, ne vous transforme pas en être hors de l’ordinaire.
Elle ne vous dote pas d’un pouvoir surnaturel sur le monde. Elle ne vous installe pas au-dessus des autres. Elle ne vous confère pas un droit secret à juger, convaincre, ou sauver qui que ce soit.
Elle fait quelque chose de bien plus dérangeant… et bien plus beau :
Elle rend la vie plus vraie.
Elle ouvre des potentiels, oui. Elle libère une Lumière intérieure dont on soupçonnait l’existence, peut-être, en lisant de beaux livres, en rêvant devant des symboles, en pressentant une Présence lointaine.
Mais lorsque cela s’allume, ce n’est pas un feu d’artifice. C’est une simple bougie.
Une lueur qui éclaire aussi… vos zones d’ombre.
Et là, le miracle n’est pas de ne plus avoir d’ombre. Le miracle, c’est de la voir sans culpabilité. De la reconnaître sans s’y identifier. De la traverser sans s’y noyer.
La Pierre ne vous “purifie” pas comme un lavage magique. Elle vous rend lucide. Et cette lucidité, quand elle est saine, devient douceur.
Vous n’êtes pas “meilleur”.
Vous êtes plus présent.
Et c’est cela qui change tout.
Du Moi au Soi : une lente conversion intérieure
Alors commence la transmutation qui ne se montre pas tout de suite. Celle que personne ne félicite, parce qu’elle est invisible. Celle qui ne donne pas de trophées, parce qu’elle est intime.
La transmutation du Moi, ce petit royaume nerveux, inquiet, avide d’être reconnu, vers le service du Soi : cette part divine en chacun de nous, qui n’a jamais crié, jamais forcé, jamais supplié. Elle attend. Patiente.
Elle n’est pas pressée, parce qu’elle n’a rien à prouver.
Et c’est peut-être l’un des premiers signes de la Voie : on commence à sentir une Présence.
Pas une idée de Dieu. Pas un dieu “fabriqué” par la pensée humaine, un concept consolateur ou un juge imaginaire. Mais quelque chose de plus nu, de plus vaste, de plus silencieux.
Une Présence qui ne s’impose pas, qui propose.
Alors, très doucement, l’être apprend un art étrange : devenir transparent.
Transparent à une volonté plus grande.
Non pas en s’effaçant par dévalorisation, ce serait encore une ruse de l’ego, mais en cessant de se prendre pour le centre, le nombril du monde. En cessant de vouloir tout contrôler. En cessant d’exiger que la vie obéisse à notre scénario.
Car notre “volonté individuelle” est souvent celle d’un-dividu : un être séparé, coupé de la Source, qui tente de survivre en maîtrisant tout ce qui bouge.
Et la Voie de l’Adepte demande un renversement : non plus “que ma volonté se fasse”, mais “que Sa volonté passe au travers de moi”.
C’est vertigineux.
L’eau qui s’infiltre : la manière de la Lumière
Tout cela ne se fait pas d’un coup. C’est lent.
C’est même parfois exaspérant de lenteur.
Parce que l’ancien moi résiste. Il a ses habitudes, ses peurs, ses défenses. Il a construit des murs pour survivre, et il ne comprend pas qu’on lui demande maintenant d’ouvrir des fenêtres. Il se cramponne. Il négocie. Il boude. Il se raconte des histoires.
Et pourtant… à force de présence, à force de vérité, à force d’amour silencieux, quelque chose agit comme l’eau dans la pierre : ça s’infiltre.
Ça ne casse pas par violence, ça creuse par constance.
Ça brise doucement les résistances.
Ça dissout les peurs.
Ça dilue l’orgueil.
Et la foi grandit. Mais pas une foi dogmatique. Pas une foi brandie comme une bannière.
Une foi qui ressemble à une stabilité intérieure, à une confiance nue dans la Vie, dans ce qui nous a créés, et qui crée l’Univers.
Je repense souvent à cette formule de Nietzsche : “Dieu est mort”.
Peut-être parlait-il, justement, du dieu des hommes, celui fabriqué par la peur, par l’autorité, par les systèmes.
Car ce dieu-là, effectivement, ne tient pas. Il s’écroule.
Mais la Présence… elle, ne dépend pas des croyances.
Elle existe, ou plutôt : elle se perçoit, quand l’être devient assez simple pour écouter.
Une voie d’une vie : les grains de Lumière
La Voie de l’Adepte n’est pas un sprint.
C’est une marche.
Parfois une traversée. Parfois une lente remontée.
Une vie où chaque grain de ténèbres, au fil du temps, se transmute en grain de Lumière.
Comme le Petit Poucet, non pas pour se glorifier du chemin, mais pour se guider et être guidé vers la bonne destination : le Tout.
Ce n’est pas spectaculaire.
C’est fidèle.
Ce n’est pas grandiloquent.
C’est juste.
Et parce que c’est discret, on peut facilement rater l’essentiel, si l’on cherche des preuves extérieures.
Le piège : fermer ce qui s’était ouvert
Il faut le dire avec simplicité : ce chemin demande un engagement.
Une vraie volonté. Une décision intérieure.
Il ne suffit pas que la Pierre “naisse” pour que l’Adepte commence la Voie.
Certains peuvent s’illusionner sur leurs réussites, gonfler le récit, chercher la gloire, la fortune, l’adoration… et, sans s’en rendre compte, refermer exactement ce qui s’était ouvert en eux.
L’orgueil est un rideau très efficace : il empêche la Présence de passer.
Non pas parce que la Présence punit, mais parce que l’ego fait trop de bruit.
Et la Lumière, elle, ne crie pas.
C’est une loi simple :
Ce qui se cherche comme un pouvoir devient une prison.
Ce qui s’offre comme un service devient une porte.
Le plus beau cadeau : l’humilité
Le cadeau le plus précieux de la Voie… n’est pas une connaissance secrète.
Ce n’est pas un “don”.
Ce n’est pas un statut.
C’est l’humilité.
Et bon Dieu… que c’est dur.
Parce que l’humilité n’est pas une posture, c’est une déconstruction.
C’est voir l’ego à l’œuvre, encore et encore, et ne pas le haïr, juste ne plus lui donner les clés.
C’est accepter d’être petit sans se sentir diminué.
C’est consentir à la simplicité, à l’anonymat, à la lenteur.
Et l’humilité fait une chose merveilleuse : elle libère de la place.
De la place en soi pour que l’Amour circule.
De la place pour que la Présence respire.
De la place pour que la Lumière cesse d’être un idéal et devienne une réalité vécue.
Alors, peut-être, on comprend enfin ce qu’est la Voie de l’Adepte : ce n’est pas devenir quelqu’un d’extraordinaire.
C’est devenir suffisamment transparent pour que l’Extraordinaire, l’Amour qui crée, puisse agir dans l’ordinaire.
Sans bruit.
Sans titre.
Sans feu d’artifice.
Juste… plus vrai. Plus vivant. Plus présent.
Et si l’on veut un signe, un seul, que l’on marche dans cette direction, ce n’est pas une puissance nouvelle.
C’est une douceur qui grandit, une dignité qui se redresse, et une paix qui ne dépend plus autant des circonstances.
Le reste… n’est que littérature.
Yann LERAY @ 2025
Source:https://www.lesamisdhermes.com/2025/12/la-voie-de-l-adepte.html
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Texte partagé par Les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre

