De Patrice D-P

Le monde d’avant disparaît. Je le ressens profondément. Ses certitudes vacillent, ses structures se fissurent, ses valeurs sont remises en question. Ce qui paraissait solide hier semble aujourd’hui fragile, parfois même dépassé.

Et devant ces bouleversements, une question se pose : comment préparer l’après ? Comment imaginer un monde meilleur lorsque celui que nous connaissons semble perdre ses repères ?

Longtemps, j’ai cru que le changement devait venir de l’extérieur. Des dirigeants plus sages, des institutions plus justes, des décisions plus humaines. J’attendais, comme beaucoup, que quelque chose ou quelqu’un transforme ce qui ne fonctionnait plus.

Puis, sur mon chemin d’éveil, j’ai compris autre chose.

Le monde que nous souhaitons voir naître ne peut être durablement différent de la conscience de ceux qui l’habitent.

Nous pouvons remplacer les gouvernements, modifier les lois, inventer de nouvelles organisations. Si nous continuons à vivre dans la peur, la compétition, le jugement et la séparation, nous reconstruirons tôt ou tard ce que nous prétendions vouloir quitter.

Alors, comment préparer l’après ?

Peut-être en cessant, d’abord, de vouloir absolument sauver l’avant.

Je regarde autour de moi. Je vois des hommes et des femmes inquiets, parfois révoltés, qui s’accrochent à ce qu’ils connaissent. Je les comprends. L’inconnu dérange. Il nous oblige à abandonner des sécurités auxquelles nous avons confié notre tranquillité.

Mais je vois aussi autre chose.

Des êtres qui s’interrogent. Qui ralentissent. Qui découvrent que posséder davantage ne signifie pas vivre mieux. Qui retrouvent le goût de la simplicité, de l’entraide, du respect, du partage. Qui commencent à écouter leur cœur plutôt que leurs peurs.

Ce mouvement est discret. Il ne fait pas beaucoup de bruit. Pourtant, il existe.

Et je crois qu’il porte les premières graines du monde d’après.

Je pense notamment à ces mouvements de colère qui traversent aujourd’hui une partie de la jeunesse européenne, et particulièrement les lycéens.

Que nous disent ces colères ? Expriment-elles une souffrance réelle, un besoin profond de changement ? Sont-elles parfois amplifiées, entretenues ou orientées par ceux qui trouvent un intérêt à voir grandir l’agitation ?

Peut-être les deux.

Mais ce qui m’interpelle davantage, c’est notre manière d’y répondre.

Lorsque la colère se propage, elle peut rapidement devenir contagieuse. Chacun réagit à ce qu’il entend, à ce qu’il voit, à ce qu’il croit comprendre. Les émotions s’additionnent, les oppositions se durcissent et, bientôt, il devient difficile de distinguer la réalité des faits de l’interprétation que nous en faisons.

Alors, que peut faire une conscience installée dans la Présence et l’Amour ?

D’abord, ne pas se laisser emporter.

Observer. Écouter. Chercher à comprendre ce qui se joue réellement, sans condamner les uns ni idéaliser les autres.

Accueillir la souffrance ou le mécontentement lorsqu’ils existent, sans pour autant nourrir la violence qui pourrait en découler.

Et surtout, discerner derrière l’agitation ce besoin de transformation qui cherche peut-être à s’exprimer.

Car même lorsqu’une colère est instrumentalisée, elle peut révéler des fragilités, des frustrations ou des aspirations qui méritent d’être entendues.

La Présence ne nous demande pas de choisir un camp contre un autre. Elle nous invite à ne pas perdre notre humanité au milieu des oppositions.

Je peux comprendre la colère sans devenir colère.

Je peux reconnaître une injustice sans cultiver la haine.

Je peux souhaiter profondément le changement sans participer à la destruction.

Et peut-être est-ce précisément là que commence le monde nouveau : lorsque nous cessons d’alimenter les conflits pour commencer à comprendre ce qui les fait naître.

Depuis la Présence, je ne ressens plus le besoin de combattre sans cesse ce qui disparaît. Cela ne signifie pas que je devienne indifférent aux souffrances ou aux injustices. Au contraire. Je découvre que je peux agir avec davantage de discernement, sans nourrir intérieurement la violence que je souhaite voir disparaître.

Je peux refuser l’inacceptable sans haïr.

Je peux défendre la liberté sans vouloir imposer ma vérité.

Je peux contribuer au changement sans prétendre sauver le monde.

Et surtout, je peux commencer maintenant.

Dans ma manière de parler à celui qui ne pense pas comme moi. Dans mon regard sur celui qui souffre. Dans mon attention à la nature. Dans mes choix quotidiens. Dans cette paix que je cultive en moi et que je laisse doucement rayonner autour de moi.

Car le monde d’après ne sera pas uniquement une affaire de nouvelles technologies, de nouvelles économies ou de nouvelles institutions.

Il sera, je l’espère, une nouvelle manière d’être humain.

Un humain conscient de sa responsabilité, capable de coopération plutôt que de domination, de compassion plutôt que d’indifférence, d’amour plutôt que de peur.

Je ne sais pas à quoi ressemblera exactement demain. Et je n’ai plus besoin de le savoir.

Je sais seulement que chaque fois que je choisis la Présence plutôt que la réaction, la paix plutôt que le conflit, l’Amour plutôt que la séparation, je participe déjà à sa naissance.

Peut-être le monde d’avant doit-il s’effacer pour que nous découvrions enfin ce que nous sommes capables de créer ensemble.

Alors, plutôt que de demander avec inquiétude ce que demain nous réserve, je préfère me poser cette question :

« Quel être humain ai-je envie d’être pour accueillir et construire ce monde nouveau ? »

Et la réponse, je la trouve ici.

Dans mon cœur.

Maintenant.

Car le monde d’après ne commence pas demain.

Il commence à chaque instant où je choisis, consciemment, d’être l’Amour que je souhaite voir grandir sur Terre.

Avec tout mon amour,

Patrice.

Sic itur ad astra

Source:https://vies-energies-accompagnement.com

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Texte partagé par Les Chroniques d'Arcturius
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