Tu es né avec un corps, mais à un moment donné, tu as commencé à appeler ce corps…« Moi », et ce minuscule changement pourrait bien être le fondement sur lequel repose tout l’ego.
Dans de nombreuses traditions spirituelles contemplatives et non duelles, l’ego est appréhendé non comme un objet physique, mais comme une construction d’identité séparée, entretenue par l’identification au corps, aux pensées, aux souvenirs, aux rôles et à l’histoire personnelle. Le corps n’est donc pas l’ennemi ; il est simplement le lieu où le sentiment d’« être cette personne » peut devenir particulièrement convaincant.
La question plus profonde n’est pas de savoir comment détruire l’ego, mais qui vous êtes lorsque vous cessez de confondre tout ce que vous vivez avec tout ce que vous êtes.
Imaginez-vous devant une fenêtre par laquelle vous aimeriez voir, mais le rideau qui la recouvre depuis longtemps est sombre, poussiéreux et vieux.
Ce rideau, c’est l’ego lui-même. Il n’est pas maléfique. Il masque simplement la vue. Et plus on fixe le rideau, plus on oublie ce qui se cache derrière.
Vous pourriez même commencer à vénérer le rideau lui-même, en essayant de le rendre plus coloré et plus beau, jusqu’à finalement vous identifier presque complètement à lui.
L’ego ne peut exister sans identification au corps. Car si vous n’êtes pas le corps, si vous n’êtes pas cette forme physique, si vous n’êtes pas votre visage, votre apparence ou votre état, alors qui êtes-vous vraiment ?
Voilà la question que l’ego ne peut supporter. C’est pourquoi, sans cesse, il tente de vous rappeler que « vous êtes ceci ou cela », en prenant le corps comme point de référence.
Les maladies qui affectent votre corps, son vieillissement, ses imperfections, vos désirs et vos attentes, tout cela contribue à renforcer votre identification à ce corps. À vous faire croire que vous êtes cette forme éphémère.
Et plus vous vous identifiez profondément à cette pensée, plus le fardeau de l’esprit devient lourd : chagrin, anxiété, inquiétude.
Mais ce n’est pas la fin. Ce n’est que le commencement, si vous en prenez conscience. Car à mesure que la lumière de la conscience brille plus clairement à travers vous, l’identification au corps commence à perdre de son emprise.
Vous ne ressentez plus le besoin de contrôler, de corriger ou de perfectionner chaque aspect de votre corps. Vous ne cherchez pas non plus à y échapper. Vous reconnaissez simplement qu’il ne vous définit pas.
Il n’est pas nécessaire de lutter contre le corps ni de le vaincre, car tout cela n’était qu’une erreur, un malentendu. Et les malentendus ne se résolvent pas par la lutte, mais par une vision claire.
Quand on découvre qu’on n’est ni son corps ni son esprit, quelque chose change profondément en soi. La pression de la performance disparaît. La peur de perdre quelque chose s’estompe.
Et quelque chose qui, jusqu’ici, demeurait invisible, apparaît en vous : le silence. Une présence intemporelle et silencieuse. La conscience qui ne cherche ni à changer quoi que ce soit, ni à atteindre quoi que ce soit, mais qui est simplement.
Et cette expérience du « je suis » est si naturelle qu’elle en est presque imperceptible. Pourtant, c’est la seule chose qui soit réelle.
Le visage de l’esprit, qui jusqu’alors pouvait paraître triste, agité, tendu ou orgueilleux, commence peu à peu à s’estomper. Il n’est pas nécessaire de le chasser ni de l’« améliorer ». Il devient simplement transparent.
Et à travers elle, quelque chose commence à briller. La présence de la Conscience qui a toujours été là. Jusqu’à présent, elle était simplement obscurcie par les histoires, les identifications, la douleur et les couches de poussière créées par l’identification au corps.
C’est pourquoi nous disons qu’il n’est pas nécessaire de rejeter l’ego ni de le considérer comme un ennemi. En vérité, il ne s’agit que d’un vieux réflexe, d’un schéma profondément ancré qui commence à se dissoudre dès qu’on le voit. Il se dissout par la seule observation. Et cette observation naît de ce silence intérieur, qui n’appartient pas au mental mais est l’état naturel de l’Être.
Plus vous vous imprégnez de cette présence, plus il devient évident que vous n’avez plus besoin de lutter contre quoi que ce soit. Restez simplement avec ce que vous êtes.
Et dans cette simple présence, tout ce qui vous paraissait effrayant ou difficile commence peu à peu à disparaître. Comme un rideau qui s’ouvre, vous laissant enfin entrevoir le soleil.
Rien de spécial n’est requis.
Arrêtez tout simplement de regarder le rideau.
Il n’est pas nécessaire de rejeter son corps, sa personnalité ou son expérience humaine pour dépasser l’identification ; il suffit de prendre conscience que tout cela est vécu par la conscience. Le corps change, les émotions fluctuent, les identités évoluent, et pourtant, une simple capacité en vous observe constamment ces transformations. Cette prise de conscience peut desserrer l’emprise de l’ego sans vous contraindre à abandonner votre vie quotidienne.
Vous avez peut-être un corps, un nom et une histoire, mais celui qui en a conscience est peut-être bien plus grand que l’histoire elle-même.
Source:https://eraoflight.com/2026/09/28/the-ego-and-body/
Traduit et partagé par les Chroniques d'Arcturius
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