Message du Professeur Zolmirel (suite)

Le cours de l’après-midi, plus reposant, est consacré à la communication avec les plantes. C’est une activité paisible de semis, de méditation et de repos. Les enfants apprennent à déceler comment orienter au mieux de jeunes plants, amender le sol et connaître la quantité d’arrosage souhaité par chaque végétal. Le sage Zablinsk montre des images qui révèlent la radiance végétale, avec le champ émis par de jeunes champignons, mais aussi par l’herbe ou certaines espèces de fleurs.

  • Il existe un champ vital qui est émis par notre planète. Les plantes le captent par leurs racines, explique-t-il. Lorsque les graines croissent, elles le font en captant la lumière du soleil et en émettant à leur tour un champ vers leurs voisines. Ceci leur permet de délimiter un espace clos qui appartient bien à elles. De cette manière, aucune plante supplémentaire ne pourra croître durant un certain laps de temps. Il en est également fait ainsi au niveau de la limite végétale, qui indique aux végétaux qu’ils arrivent en une zone dégagée, où ils se sont engagés à ne pas proliférer. Seules certaines espèces de plantes rases pourront s’y développer. En échange, les nôtres prenons soin des arbres. Nous les déplaçons, les soignons et les replantons ailleurs lorsque cela est nécessaire. Les arbres qui ont été déracinés sont souvent replantés à bord de la zone environnementale des longs courriers. Ils en sont très heureux.

Nerti et Zilner sont comblés par leurs activités. Un peu plus tard, ils entrent en salle de repos et de méditation. Trop émus par leur journée, ils s’endorment d’une traite comme d’autres enfants au lieu de méditer. Le sage Zablinsk s’en aperçoit et ne s’en offusque aucunement.

La pensée vive et joyeuse des enfants s’élève, triomphante, en une formidable exultation, « Nous avons retrouvé notre grand-père !!! puis se replie.

Je sors de ma transe en état de quasi-hébétude. Cette joie contagieuse nous habite tous les deux, Minel et moi-même. Elle se précipite pour m’embrasser, et nous ressentons une belle émotion nous porter au sommet du bonheur.

Le soir venu, la table est mise pour cet événement tout à fait inespéré.

Amoni entre au salon, peu avant que le soleil descende sur l’horizon.

  • Que voici là une bien jolie décoration ! lance-t-il en avisant les éclairages multiples, les plats ciselés brillants de notre table.
  • Il le faut pour célébrer cela ! Comment s’est passée votre journée, ami ?
  • Plutôt difficile, un effondrement sur une lune proche de notre voisine gazeuse Satarr. Cette lune est secouée par un volcanisme assez vif. Les habitants, les Narkos, sont nos amis.

En effet, les Narkos étaient de petits aliens vifs et curieux, au teint jaune ou vert pâle. Leurs visages triangulaires rappelaient un peu ceux des serpents ou des lézards. Ils avaient édifié une colonie prospère sur l’une des lunes de la rouge Satarr, à l’atmosphère épaisse. C’était un peuple accueillant, prompt à discuter, et d’une grande brillance de pensée.

  • Je suis vraiment peiné de cela, soupirais-je. Les Narkos ont-ils pu être dégagés à temps des décombres ?
  • Oui, ils ont pu, il n’y a eu que deux victimes. Même si cela est déjà trop, soupira Amoni. En tout, il y a une cinquantaine de blessés graves. Les blessés légers ont pu repartir chez eux dans la journée. Ils travaillaient à restaurer un édifice religieux ancien.

On voit un édifice audacieux, d’environ 200 mètres de haut, coiffé de tours et de minarets, dont les parements sont recouverts d’adobe. L’ensemble fait un peu penser à la cathédrale de Barcelone, ou à la mosquée de Tombouctou. Il existe une sorte d’enduit couleur de sable qui recouvre l’édifice pour masquer les joints des pierres situées en dessous. La coupole centrale s’est effondrée, faisant beaucoup de victimes.

  • Les experts étaient en train de mettre en place des champs stabilisateurs pour équilibrer cet édifice. Le chantier était très risqué. Il y a eu une secousse sismique. L’un des champs, devenu trop fort, a déplacé quelques pierres, et l’ensemble s’est rompu, explique Amoni. Les maîtres en gravité ont fait ce qu’ils ont pu pour amortir l’impact des pierres.

Minel surgit derrière lui pour l’entourer tendrement. Elle lui ôte son manteau et l’embrasse.

  • Vous avez fait de votre mieux, j’en suis certain, dis-je à mon ami.
  • Il a fallu stabiliser de nombreux blessés en toute hâte, explique Amoni. Beaucoup ont perdu des membres. Les débris ont pu être retirés très vite, et heureusement, les biologistes ont remis en place tout ce qui manquait sur les blessés. Ils n’auront pas besoin de greffes. Les Narkos ont des scientifiques remarquables. Je me suis chargé des blessés qui souffraient d’épanchements, et qui présentaient des « voies » internes. D’autres experts en soins céphaliques sont arrivés pour guérir les blessés les plus graves.
  • Vous avez bien agi, assurais-je. Grâce à vous, de nombreux blessés vont pouvoir ouvrir les yeux.

Amoni sourit quelque peu. Je devinais que voir des victimes qu’il ne pouvait secourir était une véritable épreuve pour lui. Il nous aida en cuisine, afin de se changer les idées. Une tarte aux légumes à l’odeur prometteuse cuisait.

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Texte partagé par les Les Nouvelles Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre