Message du Guérisseur Lestrys

Je serrai Stency près de moi, et Célia embrassa le front du petit Lokhaïl. Nous aurions tous été très affectés de le perdre, sa venue en ce lieu était un miracle. Il nous avait permis de survivre parmi les coulées de lave, réparant avec succès un petit transport. Lokhaïl resplendissait à présent d’un beau teint tout argenté. Le sage Darsimen avait lui aussi agi pour nous protéger, son esprit brillant lui permettant de ressentir notre route, d’anticiper nombre d’écueils.

La porte s’ouvrit, et nous avons pénétré en un couloir bleu d’une très grande beauté. Des éclairages ténus soulignaient les galeries, tout en douceur, et ce lieu était décoré de splendides cadres. Des plantes épanouies étaient visibles en un salon douillet, avec une large baie vitrée en arcade.

Par la fenêtre, on apercevait le panorama spectaculaire de la cascade, sur la droite, et de la montagne humide couronnée d’arbres émeraude. C’était une vue à couper le souffle. Nombre de convalescents venaient en cet endroit pour lire et discuter.

Panresu parcourut encore une dizaine de couloirs. J’aperçus dans de petites salles, des gris couverts de taches lumineuses, que des biologistes accompagnaient. Ils entraient dans des salles, et sur la porte on pouvait lire « salle de prises de vue », ou « salle de stabilisation énergétique ».

  • C’est très impressionnant, exposais-je à Panresu.
  • Oui, cette aile est toute nouvelle. Le sondage du corps des gris a permis de mieux comprendre leur biologie, et de les aider à « passer ».

Darsimen connaissait bien ce lieu, semblait-il. Très fier de lui, il entra en une pièce agréable, avec une vaste machine de 2m50 de haut environ, qui faisait penser à une salle d’exposition solaire.

L’appareil étrange était couronné d’une lampe photonique d’un genre un peu particulier, avec un vaste abat jour. Au milieu, se trouvait un fauteuil confortable.

  • Ils peuvent venir ici quand ils sont trop affaiblis, et chaque projection leur fait du bien, expliqua Panresu. L’appareil a été répliqué en plus petit, et cette énergie bénéfique est diffusée dans leurs chambres. Venez donc ! dit-il joyeusement.

Lokhaïl était très intrigué par l’appareil photonique, il le contempla avec quelque émoi.

  • Combien d’aliens de Kolménide avez-vous pu aider avec cet appareil ? demanda-t-il timidement.
  • Une vingtaine en ce lieu de soins. D’autres appareils ont été construits et envoyés en d’autres endroits, et même dans l’espace, où des dissidents gris ont été recueillis. Il leur est très difficile de s’extraire du conditionnement. Nous devons aider ceux qui choisissent de changer.
  • C’est une lumière avec une longueur d’onde spécifique, et un courant énergétique pulsé suivant une certaine modulation ? s’enquit Célia.
  • Oui, la lumière doit être proche de celle du soleil, et l’électricité leur permet de se stabiliser. L’un ne va pas sans l’autre.

Nous avons parcouru d’autres coursives, lilas, fuchsia, crème ou émeraude. Chacune était décorée avec un goût exceptionnel. Les meilleurs artistes semblaient s’être donné rendez-vous pour peindre des fresques au décor apaisant, des portraits de sages guérisseurs, ou élaborer les vases les plus exquis.

Panresu frappa à une porte, et une voix paisible nous invita à entrer.

Le vénérable alien Oktos était attablé, avec autour de lui trois petits aliens. Ensemble, ils jouaient au jeu de la pyramide, un jeu de logique et de mathématique très amusant, qui consiste à élaborer un édifice sur une structure en trois dimensions.

Oktos avait derrière lui une sorte de projecteur doré posé sur un trépied, qui éclairait le haut de sa tête, il avait bien changé.

Il se leva, de même que les enfants, très ému de nous revoir.

  • Soyez les bienvenus ! Nous vous attendions ! lança-t-il en nous étreignant. Que d’aventures !
  • Grâce à vous que nous être ici, et en bonne santé, fit l’un des enfants.

Je les reconnus, et mon cœur se serra à la vue de leurs regards débordant de gratitude. Ils avaient tous bien changé. Les trois enfants possédaient un teint blanc immaculé. Pour les deux petits aliens de Kolménide, il était constellé de taches lumineuses. Pour le petit alien Denakh, il se nuançait de tons crème légers des plus magnifiques.

Notre ami Oktos possédait un bras dans un état préoccupant, il manquait une bonne partie de son avant bras gauche, mais nul n’y fit allusion. Une telle métamorphose était nécessaire. Heureusement, elle était indolore pour nos amis, à part des démangeaisons. Près de sa peau rongée, une nouvelle peau en parfaite santé commençait à repousser, avec de beaux reflets argentés.

Je songeais à Lokhaïl, dont le corps avait été peu à peu dissous de la sorte. Lui n’avait pas bénéficié de l’aide des projecteurs énergétiques. Il avait dû faire preuve d’un grand courage et de beaucoup de foi dans ce processus délicat. Certains gris avaient été tout simplement dissous par la radiance qui baignait ce monde. Célia et moi-même étions ravis que nos compagnons reçoivent des soins aussi attentifs.

Il avait fallu des mois de recherches pour mettre au point ces nouveaux équipements. Mais grâce à cela, nous ne perdions plus aucun patient.

Panresu consulta les écrans présents dans la pièce, où les paramètres de nos quatre amis étaient affichés. La transformation était stable, la convergence énergétique de leurs corps se déroulait bien. Elle progressait avec constance, comme un soleil nouveau sur l’aurore.

  • Vous pouvez vous rendre à notre petite fête, leur annonça-t-il avec courtoisie. Cela vous fera le plus grand bien. Vous serez assis, soyez rassurés. Après tout, vous êtes nos invités d’honneur !

Oktos et les trois enfants se levèrent, un peu tremblants sur leurs jambes grêles, elles aussi sillonnées de zones lumineuses incandescentes.

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Texte partagé par Les Chroniques d'Arcturius
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