Message d’Ulphéniel (suite et fin)

Nous arrivons en un grand escalier, qui semble fait de marbre blanc, avec des couloirs entourés de verre translucide. Nous nous trouvons dans une sorte d’université. Mais ici, tout est très différent, bien plus joyeux.

Nous croisons des groupes de Vénusiens, ils sont proches des êtres humains de la Terre, mais un peu plus grands et élancés. Ils se déplacent de manière bien plus rapide, aérienne. Ils semblent en parfaite santé. Leur peau rayonne d’éclat et leurs yeux émettent une belle lumière.

Nous entrons en une salle où un cours va bientôt avoir lieu. J’en suis étonnée, mais Ulphéniel trouve tout cela très à propos. Elle ressemble à une salle de cinéma, avec des fauteuils moelleux et une estrade lumineuse. Nous prenons place et il sourit.

  • Le timing est parfait, dit-il en riant.

Je suis un peu intimidée, mais les êtres qui nous entourent semblent paisibles et bienveillants. Ils me dévisagent plus avec curiosité, qu’avec cet esprit critique propre à notre monde. Il existe des lézards, des aliens aux visages colorés, et aussi des petits gris. Les Vénusiens les saluent avec chaleur. Eux sont ouverts et vous aiment tel que vous êtes.

Le cours commence et la femme qui parle possède de beaux cheveux auburn, ses yeux noisette émettent une belle lueur flamme au milieu. Il me semble l’avoir déjà vue. Par commodité, je la nommerai Sylvie.

  • Je suis très heureuse de vous voir, nous dit-elle en pensée. C’est une grande joie d’accueillir des visiteurs lointains également. Je vous souhaite de vivre pleinement cette immersion.

La séance commence, et nous sommes invités à fermer les yeux, afin que nos esprits soient plus réceptifs. La séance commence par une série d’images.

D’abord on ne voit qu’un rivage, avec un peu d’eau, puis, une forme de vie hésitante, qui marche sur la plage. C’est un poisson dont les nageoires lui permettent de se déplacer sur le sable. D’autres poissons, eux, s’envolent joyeusement entre les vagues. Ils donnent des formes de vie gracieuses, dont beaucoup ont persisté ailleurs que sur terre, principalement les lézards et les reptiles volants. Puis, ces lézards deviennent de plus en plus astucieux, et en viennent à ériger des constructions dans les arbres. Ensuite, ils construisent des villes entières. Leurs ailes rapetissent au fil des éons. Mais leur science du vol spatial se développe. Ils en viennent à explorer alors les cieux. Des lunes arides et glacées pour commencer, puis des planètes pourvues d’une faible atmosphère.

Leur science progresse dans la direction des cités stellaires autogènes. Cela leur permet d’orchestrer des expéditions, de plus en plus loin dans leur système stellaire. Ils découvrent un peu de vie, sur des lunes faiblement pourvues en glace et en atmosphère.

Le temps s’accélère, et les missions de ces explorateurs vont jusqu’aux confins de leur système stellaire. Ils sont confrontés aux limites de leur technologie. Celle-ci est principalement liée à la taille de leurs navires de seulement 300 mètres de long. Alors, ils décident de construire des vaisseaux plus grands, d’environ 800 mètres, puis de 2 à 3 kilomètres de long. Cela est la taille standard pour ériger des zones environnementales suffisamment grandes. Cela permet de voguer presque indéfiniment dans l’espace. De tels lézards sont confrontés immanquablement à la courbure du temps.

Leurs navires accélèrent de manière prodigieuse leur permettant de faire de véritables bonds hors du temps. C’est là que les Vénusiens interviennent. Ils font connaissance et les aident à stabiliser leurs navires. La propulsion doit respecter les règles liées aux boucles temporelles. Il ne doit pas « manquer » de temps. Sinon, l’équipage est décontextualisé. Il perd pied. Comme celui des êtres humains et d’autres espèces stellaires, leur cerveau est conçu pour fonctionner en un nombre limité de directions, le passé, le présent et le futur.

Un voyage dans le temps trop perturbant peut faire vaciller la structure de leur esprit. En réalité, le temps forme une sorte de fractale. Il n’existe pas, explique notre professeur.

Le fait de voyager dans le temps permet de s’immerger au-delà de la 3ème coordonnée, de ne plus peser sur la trame de l’espace-temps. L’antigravité permet cela, elle conditionne le coefficient de courbure de l’espace-temps. On peut s’immerger très loin dans l’espace, plusieurs années, et revenir. Il ne se sera écoulé tout au plus que quelques semaines.

Il est difficile de concevoir cela, cette notion d’infinitude. Cela fait naître en moi un sentiment de paix intense.

Le passé est toujours en cours, seulement, nous ne pouvons pas le percevoir en conscience, explique Sylvie. Il nous faut sortir de notre état d’êtreté pour ressentir le passé. Notre esprit peut capter certaines images. Le futur est suspendu en petits points épars. Seuls les plus grands prescients peuvent entrevoir la forme qu’il prendra. Passé, présent et futur ne font qu’un. En sortant de notre corps, nous pouvons réaliser cette grande vérité, et explorer le passé de notre monde.

Lorsque nous explorons l’espace, nous ne sommes plus enracinés à notre planète-mère, nous sommes libres. Nous pouvons alors emprunter des couloirs de temps prédéfinis, pour accélérer notre voyage. Les grands explorateurs ont tracé pour nous les routes stellaires, là où les premiers convois héroïques se sont aventurés. Ils ont calculé pour nous les vecteurs de temps, de poussée lumière appropriés. Cela leur a permis de concevoir de grandes fins pour notre monde, notre temps.

Lorsque nos bâtiments dépassent le seuil lumière, alors, le temps s’étire et s’incurve subtilement, puis, il en vient à faire demi tour. Le temps et l’espace alors ne font plus qu’un. Nous allons plus vite que le temps, il ne parvient pas à nous rattraper, il n’a plus aucune influence sur nos organismes. C’est pourquoi, on dit que le temps recule. Lors du voyage de retour, nous subissons une accélération identique, mais parfois, peuvent survenir des incidents. C’est pourquoi, nos experts sont là pour corriger cela. Ils peuvent nous réinsérer dans notre époque d’origine. Nous avons dépassé le temps, mais il nous faut rester humbles en toute chose. Il nous faut avant tout veiller sur nos équipages et protéger les mondes amis, lorsque survient une réinscription spatio-temporelle inadéquate. Mais nous avons le temps, conclut-elle en riant. Ce sera pour un autre jour !

La sorte de transe bienheureuse qui me saisissait prend alors fin. J’ouvre les yeux, émue d’autant de révélations. Tout le monde se lève et applaudit, je fais de même. Un peu émue, je m’essuie les yeux. Tout le monde est bouleversé. Notre professeur Sylvie s’incline et sort de la salle sous les acclamations.

Nous sortons de la pièce, encore un peu bouleversés. Les étudiants vont se restaurer, impatients de pouvoir discuter de tout ceci avec passion. Il existe plusieurs restaurants agréables. Nous allons dans une sorte de self service, qui sert principalement des boissons et nous attablons.

  • C’est extraordinaire, exposais-je à Ulphéniel. Le fait d’entrevoir cette infinie courbure du temps. C’est comme si nos existences devenaient infinitésimales dans l’immensité de l’espace. C’est comme si on pouvait se relier plus aisément à nos semblables. Ils sont comme nous, ils cherchent des réponses.
  • Oui, tout à fait, expose Ulphéniel en observant des hors mondes de teints très variés en train de discourir. Cela est le fondement de notre philosophie, nous ouvrir à d’autres espèces stellaires, communier avec leur esprit et partager des choses positives, comme la connaissance. Nos émissaires ont fait un grand bond en avant en conversant avec de nouvelles espèces stellaires. Nous avons appris que la curiosité en ce sens était un bienfait. D’ailleurs, la curiosité des aliens est presque infinie, dit-il en riant. Ils sont heureux de se relier à nous. Cela nous a permis d’accueillir des êtres d’exception. Les petits gris en font partie. Les aliens de Kolménide ont choisi pour certains de suivre un autre chemin. Ils ne sont pas d’accord avec l’idéologie qui règne sur leur monde matériel. Beaucoup d’êtres qui subissaient un régime dominateur ont choisi de nous rejoindre. Il s’y trouve aussi un grand nombre de servants. Vie après vie, ils nous reconnaissent et nous les accueillons. Pour ce faire, il existe de nombreuses bases stellaires construites un peu partout dans le système solaire, et ailleurs. Comme ces êtres sont entrés dans le royaume subtil, ces installations sont indétectables par leurs anciens maîtres. Tous les êtres qui nous rejoignent aspirent à vivre paisiblement. Les êtres des dimensions subtiles sont tournés vers le plus grand bien. Les connaissances que nous leurs offrons sont utilisées à des fins heureuses. S’il en était autrement, elles s’effaceraient de leurs esprits. Nous sommes ravis lorsque nous pouvons ouvrir des portes en eux, en vous. La Terre, votre monde, est aimé. Vous êtes bénis ! Nous sommes plus qu’heureux de vous accueillir !

Il se lève et nous nous étreignons. Je sens que la connexion prend fin. Je verse des larmes de joie. Tous les convives du restaurant se lèvent et saluent. Il font un grande ovation pour la Terre, pour chacun d’entre nous.

– Nous sommes avec vous en pensée ! Nous sommes très fiers de vous ! Vous êtes une civilisation brillante, nous continuerons à vous soutenir ! Nous vous considérons comme des frères et des sœurs !

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :

  • qu’il ne soit pas coupé
  • qu’il n’y ait aucune modification de contenu
  • que vous fassiez référence à notre blog : unepetitelumierepourchacun.com
⚠️ ATTENTION : Votre discernement est requis par rapport à ces textes.
♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥
– JE SOUTIENS LA LUMIÈRE –
JE FAIS UN DON
pour soutenir ce site.

CLIQUEZ ICI POUR CONTRIBUER
Merci
Texte partagé par Les Chroniques d'Arcturius
– Au service de la Nouvelle Terre –