«La traite arabo-musulmane est volontairement occultée dans les mémoires de l’esclavage»

Après la mort du prophète Mahomet et la soumission de la péninsule arabe, les musulmans ont conquis les rives méridionales et orientales de la Méditerranée. Multipliant les prises de guerre, ils ont prolongé dans ces régions l’esclavage à la mode antique.

Ils ont inauguré aussi une longue et douloureuse traite négrière qui a saigné l’Afrique noire jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Esclaves blancs en terre d’islam

Dans les premiers temps de l’islam, les notables de Bagdad s’approvisionnent en esclaves blancs auprès des tribus guerrières du Caucase mais aussi auprès des marchands vénitiens qui leur vendent des prisonniers en provenance des pays slaves, encore païens. Ils prennent soin de les castrer avant de les livrer à leurs clients.

À la fin du Moyen Âge, comme le vivier slave s’épuise du fait de la christianisation de l’Europe orientale, les musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée. Ces derniers effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens, y compris même dans l’océan Atlantique jusqu’aux limites du cercle polaire.

En 1627, des barbaresques algérois lancent un raid sur l’Islande et en ramènent 400 captifs. Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans… la tête de prisonnier maure qui sert d’emblème à la Corse.

On évalue à plus d’un million le nombre d’habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François Ier, Louis XIV et Louis XV.

Ces esclaves, surtout des hommes, sont exploités de la pire des façons dans les orangeraies, les carrières de pierres, les galères ou encore les chantiers d’Afrique du nord. Des organisations chrétiennes déploient beaucoup d’énergie dans le rachat de ces malheureux, tel Miguel de Cervantès ou plus tard Saint Vincent de Paul.

En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélèvent environ trois millions d’esclaves.

Esclaves noirs en terre d’islam

Si la traite des esclaves blancs a rapidement buté sur la résistance des Européens, il n’en a pas été de même du trafic d’esclaves noirs en provenance du continent africain.

La traite arabe a commencé en 652, vingt ans après la mort de Mahomet, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd a imposé aux chrétiens de Nubie (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an.

La convention, très formelle, s’est traduite par un traité (bakht) entre l’émir et le roi de Nubie Khalidurat.

Ce trafic n’a cessé dès lors de s’amplifier.

Les spécialistes évaluent de douze à dix-huit millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe au XXe siècle. C’est à peu près autant que la traite européenne à travers l’océan Atlantique, du XVIe siècle au XIXe siècle.

Le sort de ces esclaves, razziés par les chefs noirs à la solde des marchands arabes, est dramatique.

Après l’éprouvant voyage à travers le désert, les hommes et les garçons sont systématiquement castrés avant leur mise sur le marché, au prix d’une mortalité effrayante.

Le génocide voilé : enquête historique

Ce nouvel essai de l’anthropologue Tidiane N’Diaye, auteur de L’éclipse des dieux, fait le point sur l’esclavage en Afrique depuis la haute Antiquité. Il souligne le caractère monstrueux de la traite saharienne, qui conduisit les Arabes à razzier l’Afrique noire pendant treize siècles sans interruption.

Tidiane N’Diaye brosse le portrait de l’Afrique avant la pénétration de l’islam. Dans son infinie variété, le continent présente des sociétés hiérarchisées, généralement organisées autour du matriarcat et d’un système de « castes » très hiérarchisé.

Dans ces sociétés, les esclaves, captifs ou esclaves de naissance, représentent environ un quart de la population. Ils font partie de la famille au sens large, avec un statut qui les rapproche des serfs du Moyen Âge bien plus que des esclaves des plantations sucrières du Moyen-Orient ou d’Amérique.

Ils servent comme esclaves de case, esclaves de champ ou aussi bien comme guerriers. Les témoignages de voyageurs ne font pas état de sévices et de maltraitance particulière à leur égard et au temps de la colonisation, beaucoup d’Européens, tels Faidherbe ou Gallieni, répugneront à détruire cette forme de servitude avec le système social qui la soutient.

Tout autre est l’esclavage introduit par les conquérants et les trafiquants arabes dès le VIIIe siècle.

Celui-ci s’accompagne de brutalités extrêmes, à commencer par la castration en ce qui concerne les hommes et les viols en ce qui concerne les femmes. Il se double d’un immense mépris pour les Noirs. Ce mépris est réciproque comme l’observe le voyageur écossais Mungo Park, à la fin du XVIIIe siècle. Les « Maures » sont craints tout autant que haïs par les sédentaires noirs de l’Afrique de l’Ouest.

La castration, effectuée sans ménagement avant la traversée du désert ou de l’océan, se solde par une mortalité effroyable, sans doute les trois quarts des hommes concernés. À la grande différence de la traite atlantique, la traite saharienne et la traite dans l’océan indien vont de ce fait se solder par la quasi-disparition des populations d’esclaves. Rares sont ceux qui feront souche au Moyen-Orient et en Égypte. Cette éradiquation méthodique a inspiré le titre de cet essai : Le génocide voilé.

En s’appuyant sur les témoignages des voyageurs, comme le géographe de Cordoue Al Bakri, Tidiane N’Diaye décrit avec brio le développement de la traite saharienne puis de la traite maritime, au départ de Zanzibar et à destination de la péninsule arabe, au XIXe siècle.

Cette dernière bénéficie de l’acceptation tacite des Britanniques, intéressés au maintien de bonnes relations avec les trafiquants de l’océan Indien, au premier rang desquels Tippou Tip, célèbre négrier de Zanzibar.

Le génocide voilé est un ouvrage très documenté qui témoigne d’une grande érudition. Bien écrit, il se lit avec aisance. Il permet de comprendre la complexité d’un phénomène, l’esclavage des Africains, qui ne se réduit pas, loin de là, à la traite atlantique pratiquée par les Européens.

La pratique de l’esclavage en Islam

En islam, la société civile est régie par la Loi islamique issue du Coran et de la Sunna du Prophète ; il semble que le Coran tolère l’esclavage, tout en imposant aux maîtres des restrictions importantes.

L’interprétation, toutefois, peut être différente selon que l’on s’en tienne à la lettre ou que l’on cherche à prendre en compte les circonstances historiques de production du texte. Il est certain que le Coran mentionne le fait d’affranchir un esclave comme une bonne action, permettant par exemple d’expier un péché. Quoi qu’il en soit, la pratique de l’esclavage dans les sociétés moyen-orientales ne fait aucun doute.

Leur fonction première est celle de travailleur, aussi bien aux champs que pour la construction des bâtiments ou la culture de la canne à sucre (ce dès les années 680), ainsi que dans les mines de sel du Sahara ou dans les mines d’or du Soudan.

Ces esclaves sont particulièrement seuls, coupés de tout lien social ou familial – les femmes sont interdites de mariage et se voient confisquer leurs enfants en cas de grossesse, tandis que les hommes sont castrés – et leur condition est honteuse ; d’ailleurs, parmi les esclaves libérés par les administrations coloniales à la fin du XIXe siècle, très peu retourneront dans leur pays d’origine par peur de l’opinion.

Ce sont tous des étrangers, venus souvent de très loin. Comme tous les esclaves, ils sont exclus des fonctions religieuses et ne sont pas reconnus aptes à témoigner en justice.

Si l’esclavage est très peu réglementé dans les tous premiers temps de l’Islam, avec la formation progressive de la Loi islamique à partir des préceptes coraniques et de l’exemple de Muhammad, plusieurs règles s’imposent, notamment l’interdiction de la maltraitance ; toutefois, la peine encourue pour offense à un esclave est moitié moins forte qu’en cas d’offense à un homme libre.

L’infériorité des esclaves est donc institutionnalisée.

Un autre de leurs rôles principaux est celui de serviteur ou domestique, aussi bien chez les élites politiques et commerciales qu’à la cour même du calife ou du sultan : les Mamelouks, esclaves d’origine circassienne employés dans la garde personnelle du sultan d’Égypte sous la dynastie ayyoubide, en sont un exemple, mais ils reprennent une tradition déjà ancienne.

Les esclaves peuvent en effet être aussi employés dans les armées, comme des mercenaires forcés. Enfin, il existe ce qu’on pourrait appeler des esclaves de haut rang, qui occupent des fonctions importantes au sein de l’État.

À l’époque ottomane, notamment, une partie de la cour du sultan est constituée d’esclaves (eunuques) ou d’affranchis qui le conseillent et remplissent des tâches administratives d’importance. Dès le califat umayyade, toutefois, des esclaves étaient utilisés pour le secrétariat, la greffe ou l’administration. Au sein même de la classe sociale que constituent les esclaves, la diversité est donc de mise et les positions sociales sont fortement différenciées, selon une hiérarchie qui va du mineur au conseiller d’État, en passant par le soldat et le valet ; mais les esclaves « privilégiés » sont rares, et aucune dynastie ne peut se mettre en place puisque les esclaves ne peuvent avoir de descendance. Il arrive toutefois que certaines femmes esclaves, cloîtrées dans les harems des puissants, se voient accorder la préférence du maître et vivent une vie paisible, notamment si elles sont instruites ; mais leur infériorité statutaire et leur devoir d’obéissance et de soumission demeurent inchangés.

L’origine des esclaves

La mise en place de l’esclavage peut s’expliquer historiquement par le grand mouvement de conquêtes des VIIe-VIIIe siècles. La guerre, en effet, et surtout la victoire, entraînent l’acquisition de très nombreux prisonniers, dont l’utilité apparaît rapidement aux vainqueurs : si certains sont tués, d’autres sont enrôlés dans les armées qui continuent à avancer, tandis que d’autres encore sont envoyés vers l’intérieur pour être employés comme travailleurs ou comme serviteurs.

En effet, les conquêtes des premiers musulmans n’ont pas pour but de convertir les populations : elles ressemblent davantage à une expansion naturelle, portée par la nouvelle religion qui rend les musulmans sûrs de leur victoire, mais sans visée prosélyte.

Elles ont donc pour conséquence d’utiliser une population nombreuse, considérée comme païenne, pouvant répondre aux besoins militaires, administratifs et économiques du nouvel État en formation. Le besoin de main-d’œuvre se fait bientôt si fort que d’autres expéditions sont conduites dans le but d’imposer aux royaumes limitrophes un lourd tribut de femmes et d’hommes esclaves.

Il s’agit donc la plupart du temps de prisonniers de guerre, même si un commerce d’esclaves plus large et mieux organisé va bientôt se mettre en place.

Du point de vue ethnique, les esclaves sont majoritairement des Noirs, pris lors de « guerres saintes » menées par des royaumes d’Afrique convertis à l’islam contre leurs voisins « impies », toujours au nom du calife de Bagdad à qui ils payaient donc un tribut.

Selon les auteurs orientaux, les femmes de Nubie seraient particulièrement recherchées pour leur beauté et leur douceur, qui en font d’excellentes concubines mais aussi des nourrices pour les enfants.

On trouve également un grand nombre d’esclaves blancs, soit pris en Europe du sud-ouest, soit faits prisonniers en Grèce et sur le territoire byzantin. Enfin, les esclaves circassiens sont également très prisés, notamment pour la fonction militaire. Mais à partir du IXe siècle, les conquêtes commençant à s’essouffler, c’est la traite qui va fournir aux pays d’Orient la grande majorité des esclaves dont ils ont besoin.

L’esclavage en terres d’Islam apparaît bien comme un fait important, qui toucha pendant des siècles des millions d’hommes et de femmes et brassa une très grande quantité d’argent.

À quelques reprises, certes assez rares, il favorisa les contacts entre des populations très différentes – notamment en diffusant l’islam à travers l’Afrique, où les raids avaient pour première intention de capturer des esclaves. Régulé selon les principes propres à l’islam, mais communément admis comme une structure sociale d’importance, il est l’une des clés de compréhension du fonctionnement économique et social des pays du Moyen-Orient médiéval.

Le colonialisme a permis d’abolir l’esclavage

L’historien M’hamed Oualdi analyse, dans un entretien au « Monde », les différentes formes d’esclavage qui ont prévalu dans le monde arabo-musulman jusqu’à son abolition à partir du XIXᵉ siècle, sous la pression des colonialismes européens en plein essor.

Car effectivement, c’est bien le colonialisme qui aboli l’esclavage dans le monde arabo-musulman. La vérité ne plaît généralement pas, notamment, lorsqu’elle détruit une idéologie sans fondement, comme l’idéologie Woke, basée sur des mensonges et des omissions.

En 2004, l’ouvrage de l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, intitulé Les traites négrières, suscita bien des controverses. Il y montrait en effet qu’il existait non pas une mais trois types de traites négrières : la traite atlantique, la traite arabo-musulmane et la traite interafricaine qui alimentait les deux autres traites.

Or ce livre sortait trois ans après le vote de la loi Taubira de 2001, qui reconnaît comme crimes contre l’humanité, la seule traite négrière occidentale, faisant des «blancs» les seuls coupables.

Comme on ne pouvait pas en nier l’existence, Pétré-Grenouilleau fut accusé de hiérarchiser les traites pour minimiser la responsabilité occidentale puisque les chiffres donnés (respectivement 11, 17 et 14 millions) montraient que la traite transatlantique avait été la moins meurtrière.

En 2005, Jacques Chirac décida que le 10 mai, jour de l’adoption de la loi Taubira, serait désormais célébré comme «la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition».

Un an plus tard, à la veille de la célébration, interrogée par un journaliste de l’Express sur son silence concernant la traite orientale, Christiane Taubira déclara  :

« Il est préférable de ne pas évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les «jeunes Arabes» «ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes».

Autrement dit, outre le mépris infantilisant de cette remarque, les enjeux du présent autorisent l’amnésie mémorielle.

Or, si la traite occidentale a duré 3 siècles, la traite arabo-musulmane, elle, s’est étendue sur 13 siècles.

Tombouctou fut une plaque tournante de cette traite qui déclina au plus fort de la traite occidentale, avant de reprendre de plus belle après les abolitions en Europe.

La traite arabo-musulmane a concerné pratiquement tout le territoire africain au nord du Zambèze, se divisant en plusieurs volets : transsaharien, sahélien, nilotique, et le moins connu, la traite zanzibarite qui saigna à blanc toute la région des lacs à partir de Zanzibar.

« Zanzibar possède un grand marché aux esclaves – créé en 1811 – dont le spectacle bouleverse Speke du fait de l’extrême brutalité de traitement des esclaves.

Marie-Claude Barbier Mosimann

Ce sont les premiers explorateurs britanniques qui la firent connaître à l’occasion d’expéditions commanditées par La Société royale de géographie, pour cartographier l’intérieur de l’Afrique et élucider le mystère des sources du Nil, le Graal géographique de l’ère victorienne. À cette époque, vers 1850, la présence européenne sur le continent africain était pratiquement inexistante en dehors de la colonie du Cap, d’enclaves portugaises, britanniques, françaises, plus ou moins importantes, et de divers comptoirs côtiers. Les cartes de l’Afrique du Nord-Est s’arrêtaient à Khartoum et l’intérieur de l’Afrique restait inconnu.

La présence territoriale étrangère la plus importante était celle de l’Empire ottoman, qui occupait tout le Maghreb, à l’exception du Maroc, plus un vaste territoire le long du Nil. Or l’esclavage était un rouage essentiel de l’économie et de la société ottomanes.

Ce sont les témoignages des explorateurs britanniques qui vont révéler l’existence de la traite zanzibarite. Les deux premiers, John Hanning Speke et Richard Burton partent de Zanzibar et découvrent une ville commerçante prospère, avec de riches demeures et des palais, mais très insalubre, avec ses cadavres d’animaux et d’esclaves dans les rues et sur le rivage. Elle possède un grand marché aux esclaves – créé en 1811 – dont le spectacle bouleverse Speke du fait de l’extrême brutalité de traitement des esclaves. Sur le marché, hommes et femmes défilent nus, les femmes doivent se prêter à toutes sortes d’examens corporels intrusifs ; pour les hommes, une épreuve supplémentaire consiste à les attacher à un arbre au milieu de la place et à les fouetter avec les branches d’un épineux, pour mesurer leur résistance à la douleur. Jusqu’à sa fermeture en 1873, Zanzibar sera le cœur de la traite orientale.

À partir de 1830, la demande en esclaves s’accentue pour fournir l’Occident en ivoire, devenu à la mode, et surtout pour favoriser le développement de la culture du clou de girofle. De ce fait, les traitants arabes – qui jusque-là s’approvisionnaient en esclaves auprès de certaines ethnies africaines – décidèrent de monter eux-mêmes de grandes expéditions caravanières vers l’intérieur du pays.

« Speke essaie, sans résultat, de convaincre le gouvernement britannique d’intervenir dans la région car, écrit-il, vu la violence des guerres tribales et des razzias arabo-musulmanes, les Africains seront bientôt « effacés de la surface de la terre »

Marie-Claude Barbier Mosimann

Quand arrivent Speke et Burton, sur une population totale de 300.000 habitants environ, on comptait 200.000 esclaves, soit deux tiers de la population. Les conditions de vie sur les plantations étaient si dures qu’on estime à 30 % le nombre d’esclaves mourant chaque année et qu’il fallait donc remplacer.

Speke et Burton vont découvrir la logistique zanzibarite qui reposait sur des stations relais créées pour ravitailler les caravanes et y stocker ivoire et esclaves ramenés des raids alentour. À son retour en 1863, Speke essaie, sans résultat, de convaincre le gouvernement britannique d’intervenir dans la région.

Un an plus tard, la demande sera réitérée, sans plus de succès, par David Livingstone, médecin et missionnaire, le plus célèbre des explorateurs britanniques de l’ère victorienne et le premier à avoir pris conscience de la pénétration de la traite arabo-musulmane à l’intérieur de l’Afrique, et il va faire de son éradication son combat.

Il suggère deux remèdes : évangélisation et commerce licite, donc désenclaver l’intérieur du continent pour y installer des voies commerciales et des missions chrétiennes. C’est dans ce but qu’il va explorer la région du lac Malawi, au nord du Zambèze et découvrir, atterré, que le lac est sillonné de boutres chargés d’esclaves en route pour la côte, et que maints villages sont jonchés de «squelettes et de cadavres en putréfaction», témoignage des raids négriers meurtriers.

Dans son expédition suivante, plus au nord, jour après jour il trouve des esclaves morts, «abattus d’une balle, poignardés ou morts de faim la fourche au cou».

Le 15 juillet 1871, il se trouve à Nyangwe, au nord-est du lac Tanganyika, et assiste au massacre programmé de tout un village pour inciter les Africains à «coopérer» avec leurs tortionnaires.

Lorsqu’il parvint en Occident, le récit qu’il en fit («la lettre de Nyangwe») suscitera un tel tollé qu’il fera plus pour la prise de conscience occidentale des ravages de la traite arabo-musulmane que toutes les démarches précédentes.

C’est Stanley, journaliste au NewYork Herald, qui, après avoir retrouvé Livingstone – dont on était resté cinq ans sans nouvelles – relaya le combat contre la traite auprès des journaux occidentaux et reprit le flambeau anti-esclavagiste après la mort de l’explorateur.

Citons enfin un extrait du journal de Verney Cameron qui mena une expédition de secours à Livingstone, en 1873 :

«Traverser les ruines de tant de villages déserts était d’une tristesse indescriptible. Où sont maintenant ceux qui les ont construits et qui ont cultivé les champs environnants ? Chassés comme esclaves, massacrés […] L’Afrique se vide de son sang par tous ses pores, sa population est quotidiennement décimée par la traite et les guerres intestines».

Le bilan que l’on peut tirer de tous ces témoignages (ici très résumés), c’est la progression inexorable de la traite orchestrée par les arabo-musulmans à l’intérieur de l’Afrique de l’Est à partir de 1850 avec, en corollaire, le dépeuplement des régions parcourues.

« Si, en un premier temps, les missions ont lutté contre la traite, force est de constater que c’est la colonisation qui a réellement stoppé l’hémorragie dans la région des Grands Lacs.

Marie-Claude Barbier Mosimann

L’Empire ottoman envahit tout le Maghreb – sauf le Maroc – à partir de 1517 et s’effondre à la fin de la Première Guerre mondiale, soit quatre siècles d’occupation du territoire nord-africain, alors que la colonisation européenne de l’Afrique est un épisode très court dans l’histoire du continent. Elle a véritablement commencé après 1885 avec la «ruée vers l’Afrique», conséquence de la conférence de Berlin où les Occidentaux ont fixé les règles du partage du continent et ouvert la voie à la colonisation.

L’accession de la plupart des pays à l’indépendance s’étant faite autour des années soixante, la colonisation européenne de l’Afrique a duré, pour une majorité de pays, 80 ans maximum.

Rappelons enfin que l’esclavage a été aboli au Royaume-Uni en 1833 et en France en 1848 alors qu’il a fallu attendre la fin du 20e siècle pour que bon nombre de pays islamiques suivent le même chemin, en théorie tout du moins.

Comment peut-on encore accepter que seul l’homme blanc soit qualifié d’esclavagiste et de colonialiste ?

C’est simple, on a occulté les faits, pour inventer une idéologie.

Source:https://elishean777.com/occulter-les-faits-pour-inventer-une-ideologie-cest-pas-nouveau/


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Texte partagé par les Les Nouvelles Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre