Quand le personnage découvre l’immensité de ce qui est.

De Patrice D-P.

Et si tout était Amour ?

Pas seulement la joie, la tendresse, la beauté, la paix ou les instants de bonheur.

Tout.

Même la souffrance. Même les expériences que nous jugeons douloureuses, injustes ou incompréhensibles.

Je sais combien cette affirmation peut déranger, voire révolter. Comment pourrait-on parler d’Amour devant la souffrance d’un enfant, la violence ou le désespoir d’un être humain ?

Pour tenter de comprendre, je t’invite à quitter un instant le regard de ton personnage et à envisager l’existence depuis une perspective infiniment plus vaste.

Imagine que tu ne sois pas seulement cet être humain qui porte un nom, possède une histoire, un corps, des souvenirs et des émotions.

Imagine que tu sois avant tout une conscience, libre, immense, éternelle, venue expérimenter la vie dans la matière.

Avant ton incarnation, cette conscience aurait choisi certaines expériences qu’elle souhaitait connaître.

La joie, l’amour, la séparation, la peur, le manque, la souffrance, peut-être même l’abandon.

Non pour être punie. Non pour mériter quoi que ce soit. Simplement pour découvrir ce que ces expériences représentent.

Puis vient l’incarnation.

Et le personnage oublie.

Il oublie l’immensité de sa conscience. Il oublie les raisons de sa venue. Il se croit séparé du Tout et considère les événements uniquement depuis sa compréhension humaine.

Alors, lorsqu’il souffre, il demande :

« Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Si Dieu est Amour, pourquoi me laisse-t-il souffrir ? »

Et si la réponse se trouvait précisément dans la nature de cet Amour ?

Lorsque nous aimons quelqu’un, nous souhaitons naturellement le protéger.

Nous voudrions lui éviter les blessures, les épreuves, les chagrins.

Un parent qui aime son enfant ne souhaite pas le voir souffrir.

C’est notre compréhension humaine de l’amour, et elle est précieuse.

Mais imaginons maintenant un Amour absolu, indicible, sans limites ni conditions.

Un Amour qui ne cherche pas à décider ce qui doit ou ne doit pas être vécu.

La conscience lui dit :

« Je souhaite connaître la souffrance. Je souhaite découvrir cette expérience, comprendre ce qu’elle représente, ce qu’elle fait ressentir. »

L’amour humain répondrait :

« Non, je t’aime trop pour te permettre de souffrir. »

Mais l’Amour absolu pourrait répondre :

« Tu souhaites connaître la souffrance ? Alors, je t’accorde cette expérience. Je ne te juge pas. Je ne t’impose pas mes préférences. Je t’aime suffisamment pour te laisser libre de découvrir ce que tu souhaites expérimenter. »

Voilà le paradoxe.

L’Amour absolu ne serait pas celui qui nous épargne toutes les expériences, mais celui qui permet à la conscience de les vivre.

Une fois incarné, le personnage ne dispose plus de cette vision d’ensemble.

Il ressent la douleur, la peur, la tristesse. Il se débat, résiste, accuse parfois la vie de lui être hostile.

Comment pourrait-il comprendre, depuis sa perception limitée, ce qui aurait été choisi depuis une conscience infiniment plus vaste ?

C’est un peu comme une goutte d’eau qui aurait oublié qu’elle appartient à l’océan.

Elle ressent les vagues, les tempêtes, les courants contraires. Elle croit être seule face à une immensité qui la dépasse.

Pourtant, elle n’a jamais cessé d’appartenir à l’océan.

Et si nous n’avions, nous non plus, jamais été séparés du Tout ?

Cela signifie-t-il que nous devons accepter la violence ?

Oui ? Non ?

Et si la réponse à cette question faisait précisément partie de l’expérience que la conscience est venue vivre ?

Imaginons qu’une conscience ait souhaité connaître la violence, non comme une idée abstraite, mais comme une expérience vécue, ressentie dans la matière.

Le personnage qui l’incarne découvre alors ce que la violence provoque : la peur, la douleur, la colère, la souffrance, parfois le désir de répondre à la violence par la violence.

Il peut s’y enfermer, la subir, la reproduire, alimentant ainsi un cercle de souffrance dont il ne perçoit pas encore les mécanismes.

Mais il peut aussi, à travers ce qu’il vit, prendre conscience des effets de cette violence sur lui-même et sur les autres.

Et c’est là que l’expérience prend tout son sens.

La conscience ne serait pas venue simplement pour subir ou reproduire une expérience, mais pour la connaître et découvrir, à travers elle, la possibilité de choisir.

Le personnage peut alors décider de poursuivre dans la violence ou de ne plus lui donner de place dans sa vie.

Il peut choisir de répondre à la haine par la haine, ou découvrir qu’une autre réponse est possible.

Il peut continuer à nourrir sa souffrance, ou entreprendre de s’en libérer.

L’expérience devient alors un chemin de connaissance de soi.

Il ne s’agit pas de prétendre que toute violence aurait été choisie par celui qui la subit, ni de justifier celui qui l’exerce. Chacun demeure responsable de ses actes, et se protéger ou protéger autrui reste une expression essentielle de l’Amour.

Mais dans cette perspective spirituelle, ce que nous vivons peut devenir une occasion de discernement.

Expérimenter, c’est découvrir. Prendre conscience, c’est comprendre. Et choisir, c’est commencer à transformer ce que nous avons compris.

Peut-être est-ce là l’un des sens les plus profonds de notre passage sur Terre : découvrir, à travers nos expériences, ce que nous souhaitons continuer à nourrir et ce que nous choisissons désormais de ne plus reproduire.

Et lorsque ce choix naît de la Présence plutôt que de la peur, quelque chose change profondément.

Le personnage ne se contente plus de réagir à ce qu’il vit.

Il devient conscient de sa manière d’y répondre.

Et cette conscience nouvelle ouvre la voie à une autre expérience : celle de l’Amour choisi, vécu et incarné.

Retrouver l’immensité de ce que nous sommes

Depuis que je chemine dans la Présence, je découvre combien mon personnage ne perçoit qu’une infime partie de ce qui est.

Lorsque je m’identifie à mes pensées, mes peurs et mes émotions, mon monde devient étroit.

Mais lorsque je m’arrête, que je respire et que je descends dans le silence de mon être, quelque chose s’ouvre.

Je ne cherche plus nécessairement à expliquer chaque événement.

Je découvre une paix qui ne dépend pas de ma capacité à tout comprendre.

Je peux accueillir ce que je ressens, agir pour transformer ce qui doit l’être, sans perdre le contact avec cette Présence profonde.

Et progressivement, une intuition grandit en moi : je suis bien davantage que le personnage que je croyais être.

Peut-être que l’Amour absolu ne ressemble en rien à ce que nous imaginons.

Peut-être n’est-il ni une récompense, ni une protection permanente contre la douleur.

Peut-être est-il cette liberté infinie offerte à la conscience de découvrir toutes les dimensions de l’existence.

Le personnage juge l’expérience selon qu’elle lui apporte du plaisir ou de la souffrance.

La conscience, dans cette perspective, chercherait simplement à connaître.

Et le Tout permettrait.

Sans condamner. Sans rejeter. Sans cesser d’aimer.

Alors, je n’ai plus besoin de prétendre comprendre les mystères de l’existence pour continuer à avancer.

Je peux simplement revenir à mon cœur, ici et maintenant.

Car si je suis une expression du Tout, je ne suis jamais véritablement séparé de cet Amour.

Je suis une conscience qui expérimente la vie à travers un personnage. Et derrière toutes les expériences, il y aurait cet Amour indicible qui permet à la vie d’être vécue.

Peut-être qu’un jour, lorsque le personnage aura cessé de croire qu’il est toute notre identité, nous comprendrons enfin ce que signifie cette phrase si simple et pourtant si immense :

Tout est Amour.

Depuis la Présence, dans la sérénité et la Paix,

Patrice.

Sic itur ad astra ✨

Source:https://vies-energies-accompagnement.com

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Texte partagé par Les Chroniques d'Arcturius
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